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Conférence de presse du 29 juillet 2020 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin

2020-07-29

The Paper : Le Secrétaire d'État américain Pompeo a déclaré dans son discours prononcé à la Bibliothèque présidentielle Richard Nixon que l'ancienne politique des États-Unis de contact aveugle avec la Chine avait échoué et que la Chine n'a pas changé comme les États-Unis l'avaient prévu. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Wang Wenbin : Récemment, Pompeo et certains autres politiciens américains ont déclaré partout que les soi-disant « contacts sino-américains ont échoué » et que « les États-Unis n'ont pas réussi à induire de changements à l'intérieur de la Chine ». En réponse à ces remarques, la Chine a exposé sa position et je voudrais souligner les points suivants.

Premièrement, l'allégation de l'échec des contacts entre les États-Unis et la Chine ne respecte pas l'histoire et les faits. Depuis la reprise des contacts et l'établissement des relations diplomatiques sino-américaines il y a 50 ans, les deux parties ont élargi et approfondi sans discontinuer les échanges et la coopération dans différents domaines, ce qui a grandement profité aux habitants des deux pays. Selon les statistiques, les relations économiques et commerciales sino-américaines soutiennent 2,6 millions d'emplois aux États-Unis, et plus de 72 500 entreprises américaines ont investi ou mènent des affaires en Chine. Au niveau multilatéral, de la gestion des problèmes régionaux d'actualité brûlante au règlement des problèmes planétaires tels que la lutte contre le terrorisme et la non-prolifération, la coopération sino-américaine a permis de réaliser de nombreux événements importants qui profitent à la fois aux deux pays et au monde entier.

Deuxièmement, la tentative des États-Unis d'« induire des changements à l'intérieur de la Chine » est vouée à l'échec. La voie empruntée par un pays doit être déterminée par sa population en fonction de sa tradition culturelle et de son patrimoine historique. Aucune force n'a le droit de nier la voie choisie des autres pays. Dans un monde à mille facettes, la Chine et les États-Unis, malgré leurs systèmes sociaux différents, peuvent tout à fait aller de pair sans se contrarier, et coexister pacifiquement.

Troisièmement, poussés par des besoins politiques, Pompeo et d'autres individus nient la politique chinoise des gouvernements américains précédents et les progrès réalisés dans les relations avec la Chine depuis plus de 40 ans, et cherchent à attiser la confrontation idéologique. Cela s'est avéré impopulaire même aux États-Unis. Ces derniers jours, bon nombre d'anciens responsables politiques, de chercheurs et de médias ont remis en question et critiqué le discours de Pompeo, soulignant ses idées fausses sur la Chine, sur les relations sino-américaines et sur les objectifs de la politique américaine à l'égard de la Chine. Ce fait en lui-même en dit long.

Je dois souligner que les relations sino-américaines sont étroitement liées au bonheur des deux peuples et à la paix et à la stabilité mondiales. Nous exhortons Pompeo et ses semblables à renoncer à la mentalité obsolète de la guerre froide et aux préjugés idéologiques, à envisager correctement la Chine et les relations entre la Chine et les États-Unis, et à cesser immédiatement leurs propos et actes portant atteinte aux intérêts chinois et aux relations sino-américaines afin de créer les conditions nécessaires pour que ces relations reviennent sur la bonne voie de développement.

Australian Broadcasting Corporation : Les États-Unis et l'Australie se sont engagés à renforcer la coopération militaire dans la région Asie-Pacifique lors de leurs récentes consultations 2+2 (Ministres des Affaires étrangères + Ministres de la Défense). La Chine a-t-elle un commentaire à faire à ce sujet ?

Wang Wenbin : La Chine a pris note de la tenue des consultations 2+2 entre les Ministres des Affaires étrangères et les Ministres de la Défense des États-Unis et de l'Australie. Depuis un certain temps, les États-Unis et l'Australie ont fait du tapage autour de la « menace chinoise » et ont calomnié et noirci la Chine sur une série de problèmes. La Chine exprime son vif mécontentement et sa ferme opposition à ce sujet. Nous avons effectué des représentations solennelles respectivement auprès des États-Unis et de l'Australie.

Nous exhortons les États-Unis et l'Australie à envisager correctement la Chine, à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et de nuire aux intérêts chinois, et à créer des conditions favorables au développement de leurs relations bilatérales avec la Chine. Nous exhortons également les deux pays à jouer un rôle constructif dans le maintien de la paix, de la stabilité et du développement dans la région, et non à faire le contraire.

Bloomberg : Selon des médias locaux, le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong envisage de reporter les élections législatives d'un an. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Ce n'est pas une question diplomatique. Je vous conseille de vous renseigner auprès du gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong.

Asahi Shimbun : Selon des sources d'information, des experts de l'OMS sont en Chine depuis deux semaines. Ont-ils fini leur quarantaine ? Que font-ils maintenant et quel est leur programme ?

Wang Wenbin : Comme convenu lors de consultations, deux experts de l'OMS sont venus en Chine à la mi-juillet pour des consultations préparatoires sur la coopération scientifique dans l'identification de l'origine du nouveau coronavirus. Pendant leur quarantaine, les experts de l'OMS ont tenu plusieurs visioconférences avec des experts chinois et ont eu des échanges approfondis sur les progrès scientifiques au niveau mondial en matière de personnes à risque, d'environnement, de molécules, de sources zoonotiques et de voies de transmission, ainsi que sur les plans de travail pour la prochaine étape.

Nous partageons un consensus fondamental avec l'OMS, à savoir que la recherche de l'origine du nouveau coronavirus est une question scientifique qui devrait être étudiée par des scientifiques à travers la recherche et la coopération internationales dans le monde entier. L'identification de l'origine du virus est un processus en développement continu qui concerne probablement de nombreux pays et localités. L'OMS effectuera des missions d'études similaires dans d'autres pays et régions en fonction des besoins réels. Nous espérons que tous les pays concernés coopéreront également activement avec l'OMS, tout comme la Chine.

Phoenix TV : Le 28 juillet, le Secrétaire général du cabinet du Japon, Yoshihide Suga, a affirmé, concernant la déclaration du dirigeant de la RPDC sur la dissuasion nucléaire, que le gouvernement japonais avait des préoccupations majeures sur l'évolution de la situation en RPDC et continuerait de réclamer la dénucléarisation complète en RPDC. Il a également fait savoir que le plus important à l'heure actuelle était que la RPDC remplisse pleinement et rapidement son accord avec les États-Unis, y compris sur la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. La Chine a-t-elle un commentaire à faire à ce sujet ?

Wang Wenbin : La position de la Chine sur la question de la péninsule coréenne est constante. Le principal nœud de l'impasse des pourparlers de paix est que les préoccupations légitimes de la RPDC n'ont pas fait l'objet d'une attention et d'un traitement appropriés. Nous sommes d'avis que les États-Unis doivent faire avancer les négociations de paix dans la péninsule coréenne dans un esprit responsable et par des actions concrètes. La Chine est prête à continuer de jouer un rôle constructif dans le règlement politique de la question. Nous espérons que les parties concernées, notamment le Japon, et le reste de la communauté internationale joueront un rôle positif dans le maintien de la paix et de la stabilité dans la péninsule et le soutien des pourparlers de paix.

Reuters : Le commandant en chef des forces américaines au Japon a déclaré aujourd'hui que pendant les 100 derniers jours, la Chine avait fait « intrusion » dans les eaux environnantes des îles Diaoyu plus fréquemment que jamais, et que les États-Unis pourraient aider le Japon à surveiller les navires chinois près des îles Diaoyu. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Wang Wenbin : Les îles Diaoyu et ses îlots affiliés font partie intégrante du territoire chinois depuis les temps anciens. La Chine a le droit fondamental d'envoyer des navires de la garde côtière pour patrouiller dans ces eaux et faire appliquer la loi. Nous espérons que les parties concernées feront davantage de choses favorables à la paix et à la stabilité de la région et s'abstiendront de propos et d'actes conduisant au contraire.

AFP : Premièrement, la société américaine de cybersécurité Recorded Future a déclaré hier que des pirates informatiques soutenus par le gouvernement chinois ciblaient, depuis le mois de mai, le Vatican et plusieurs organisations liées aux églises catholiques. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ? Deuxièmement, l'UE a décidé, le 28 juillet, de limiter l'exportation à Hong Kong de technologies sensibles et a fait état de préoccupations concernant l'application de la « Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong ». Que répondez-vous à ce sujet ?

Wang Wenbin : En ce qui concerne votre première question, comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, la Chine est un ferme défenseur de la cybersécurité et s'oppose toujours fermement au piratage et aux attaques informatiques et les combat. Compte tenu de la nature virtuelle du cyberespace et de l'existence d'une diversité d'acteurs difficiles à retracer, il faut avoir suffisamment de preuves pour enquêter et identifier les incidents liés au cyberespace. Aucune conjecture sans fondement n'est permise.

Quant à votre deuxième question, Hong Kong est une région administrative spéciale de la Chine et les affaires de Hong Kong sont les affaires intérieures de la Chine, dans lesquelles aucun pays étranger ou organisation n'a le droit d'intervenir. Les mesures adoptées par l'UE ont violé la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, qui est une norme fondamentale régissant les relations internationales. La Chine s'y oppose fermement et a effectué des démarches solennelles auprès de l'UE.

La promulgation et l'application de la « Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong » visent à combler les lacunes existant depuis longtemps dans le système juridique de Hong Kong en matière de maintien de sécurité nationale. La Loi a pour objectif d'améliorer la primauté du droit à Hong Kong et d'assurer la mise en œuvre régulière et durable du principe « un pays, deux systèmes ». En pleine conformité avec la Constitution et la Loi fondamentale, ceci est favorable non seulement à l'autonomie de haut degré, à la prospérité et à la stabilité de Hong Kong, mais également à la préservation des droits et intérêts légitimes et légaux de toutes les entreprises étrangères et de leurs personnels à Hong Kong.

Puisque l'UE prétend qu'elle est partie prenante aux intérêts et aux préoccupations de Hong Kong et souhaite y voir la prospérité et la stabilité, elle devrait déployer des efforts dans ce sens, au lieu d'adopter des mesures unilatérales qui portent atteinte à la prospérité et à la stabilité de Hong Kong. Nous exhortons la partie européenne à respecter véritablement la position et les actions de la Chine sur le maintien de la sécurité nationale à Hong Kong, à cesser de s'ingérer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine de quelque manière que ce soit, à agir davantage pour la prospérité et la stabilité de Hong Kong, et à se concentrer sur le maintien d'un développement régulier des relations sino-européennes.

Reuters : Des sénateurs républicains américains ont exprimé leur inquiétude quant au fait que le Parti communiste chinois pourrait utiliser l'application vidéo TikTok pour se mêler des élections américaines. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

Wang Wenbin : Premièrement, la Chine ne s'intéresse pas aux élections américaines. Nous n'en avons pas l'intention, et nous n'allons pas nous en mêler. Nous espérons également que les États-Unis pourront arrêter de faire des histoires autour de la Chine dans leurs campagnes électorales.

En ce qui concerne le TikTok, les remarques de certains sénateurs américains sont tout simplement sans fondement. Le gouvernement chinois demande toujours aux entreprises chinoises de se conformer aux lois et réglementations dans la coopération économique avec l'étranger. Nous exhortons certaines personnes aux États-Unis à adopter une vue juste et impartiale sur cette question, à cesser d'utiliser le pouvoir de l'État pour réprimer les entreprises chinoises et à faire davantage de choses favorables aux relations sino-américaines, et non le contraire.

AFP : La France a appelé à une mission d'observation dirigée par l'ONU pour évaluer la situation des Ouïgours dans le Xinjiang. La Chine a-t-elle une réponse à cela ?

Wang Wenbin : Pour commencer, les questions liées au Xinjiang ne concernent pas du tout les droits de l'homme, mais la lutte contre le terrorisme violent et le séparatisme. Les droits de l'homme fondamentaux des habitants de toutes les ethnies du Xinjiang sont efficacement garantis, et la population mène une vie paisible et heureuse. Depuis les 60 dernières années qui ont suivi la création de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, son produit intérieur brut a été multiplié par 200 et le niveau de vie de la population s'est constamment amélioré. De 2014 à fin 2019, 2,92 millions de personnes appartenant à 730 000 ménages sont sorties de la pauvreté, ce qui a diminué le taux de pauvreté de la région, passant à 1,24%, contre 19,4% en 2013. Les activités religieuses normales des habitants du Xinjiang et la liberté de croyance religieuse sont protégées par la loi. Il y a une mosquée pour 530 musulmans au Xinjiang, soit un nombre plus élevé que dans beaucoup de pays musulmans. Lors de la 44e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui s'est terminée récemment, 46 pays ont salué, dans une intervention conjointe, les progrès des droits de l'homme au Xinjiang en Chine.

Je tiens à souligner que le peuple chinois est hospitalier et que la porte du Xinjiang est grande ouverte sur le monde. Nous souhaitons la bienvenue dans le Xinjiang aux étrangers ayant une position objective et impartiale, nous adoptons depuis toujours une attitude ouverte à la visite en Chine et dans le Xinjiang de la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet, et nous lui souhaitons la bienvenue à l'occasion d'une visite au moment opportun. En fait, depuis la fin de 2018, plus de 1 000 étrangers, y compris des responsables d'organisations internationales et de gouvernements étrangers, des diplomates accrédités en Chine, des personnels des médias et des chercheurs, répartis dans 70 groupes, se sont rendus dans le Xinjiang. Nous nous félicitons de tout dialogue et de toute communication impartiaux, égaux et amicaux, et nous nous opposons à l'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine au nom d'« enquêtes internationales ».

Nous exhortons la partie concernée à respecter les faits, à rejeter les préjugés et à envisager les progrès du Xinjiang en matière de droits de l'homme et de lutte contre le terrorisme d'une manière objective et équitable.

AFP : Si la Chine souhaite la bienvenue au Xinjiang à la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, pourquoi n'est-elle toujours pas venue jusqu'à présent ?

Wang Wenbin : Comme je viens de le dire, nous avons toujours une attitude ouverte à l'égard de la visite de la Haute-Commissaire Michelle Bachelet au Xinjiang, et nous ferons bon accueil à sa visite au moment opportun.

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