| Protéger ensemble le destin commun Chine-Afrique |
| 2020-02-15 |
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Excellence Mr le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres du gouvernement malien et des Etats membres de la CEDEAO, Mr le Directeur général de West African Health Organisation, Mr le Représentant de l’OMS, Pour commencer, je salue mon ami Michel pour son initiative d’organiser ce rendez-vous de haut niveau, et pour me donner la parole devant autant de ministres bien respectés. Je salue particulièrement SEM le Premier Ministre qui, en premier temps, a écrit à son homologue chinois pour exprimer le soutien, la solidarité et la confiance du Mali à la Chine dans son combat contre le coronavirus. Face à cette crise du coronavirus, la nouvelle maladie inconnue de l’humanité, on a certes commis des défaillances au départ. Que ce soit la sécurité alimentaire, la santé publique et le système d’alerte et de réaction, beaucoup reste à améliorer. De telles défaillances ont permis malheureusement au virus de propager rapidement dans la ville de Wuhan, dans la province du Hubei, et dans le pays. Mais quand le gouvernement chinois a pris conscience de la gravité du problème, il a pris des mesures extraordinaires. Par exemple fermer la ville de Wuhan, 12 millions de population. Fermer la province de Hubei, 60 millions de population. Construire deux hôpitaux spécialisés avec la capacité totale de 2500 lits, en un temps record, deux semaines. Des palais de sport et des universités transformés en hôpitaux d’urgence. Des milliers et des milliers de médecins du reste du pays et de l’armée ont été expédiés dans cette province. Quant au reste du pays, la meilleure façon de couper la propagation du virus, c’est aussi couper le mouvement de la population. Notons que c’était la pleine période du Nouvel An chinois, la fête la plus importante de l’année. Mais le contrôle s’annonce sévère, et la discipline s’avère nette. Confinement à la maison, pas de visite familiale, pas de regroupement, pas de manifestation festive. Il s’agit de la mobilisation nationale jamais aussi générale en temps de paix. Le Président de la République a convoqué lui-même des réunions de coordination, et le Premier Ministre, lui, en sa qualité spéciale du chef de la commission nationale contre le coronavirus, s’était installé à Wuhan pour commander la guerre sur le front. Excellence Mr le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, je ne vais pas vous ennuyer par les chiffres colossaux. La Chine étant le pays le plus peuplé du monde, toutes les statistiques sont impressionnantes. Certains médias ont donné plusieures alertes rouges, en disant que le seuil de 40 000 malades a été franchi, que le seuil de 1 000 morts a été franchi...Certes, la situation est dramatique, on ne ménage aucun effort dans la course contre la montre pour sauver la vie. Mais par rapport aux autres épidémies de ces derniers temps, le taux de mortalité du coronavirus n’est que 2,4%, alors que Ebola 40,4%, Mers 34,4%, et H1N1 17,4%. Durant cet hiver, la grippe a atteint 19 millions de personnes aux Etats-Unis et a fait plus de 10 milles morts. Le gouvernement chinois, en toute transparence, publie tous les jours les dernières statistiques. Selon l’OMS, 99% des malades se trouvent en Chine, 97% des morts se trouvent dans la province du Hubei. Ceci dit, le problème est relativement bien encadré dans une région spécifique. En dehors de la province du Hubei, la situation commence à se stabiliser, depuis une semaine déjà, l’augmentation des nouveaux malades baisse, et celle des nouveaux guéris augmente. Signe encourageante encore, à partir de cette semaine, à part la province du Hubei, les activités économiques commencent à reprendre doucement et sûrement dans le pays. Comme vous le savez, Mesdames et Messieurs, l’économie est la force motrice qui soutient ce combat. Le FMI et la Banque mondiale ont tous exprimé leur confiance à la Chine en estimant que cette dernière poccède d’une forte capacité monétaire d’injecter de la liquidité dans le marché pour amortir la perte économique dûe à l’épidémie. Rappelons qu’en 2003, même avec l’épidémie du SRAS, la croissance de l’économie chinoise avait atteint 10%. À l’époque, l’économie chinoise ne représentait que 5% du monde. Alors qu’aujourd’hui elle en représente 18%, pour être la deuxième économie mondiale, avec sa structure encore plus souple et plus solide. Mesdames et Messieurs, je sais que tout n’est pas parfait, et que nous faisons face à d’énormes difficultés. Le fait que le nombre des malades augmente sans cesse montre évidemment qu’après des jours d’incubation, on risque toujours d’avoir des explosions, et que, faute de capacité suffisante des hôpitaux à Wuhan, il y a encore des malades qui restent à domicile. Les matériels de protection manquent cruellement. Vous imaginez, quand plus d’un milliard de population consomment au moins 2 masques par jour, quelle pression! Mais à mon avis, les plus grandes difficultés restent dans la recherche scientifique pour trouver des remèdes efficaces, et dans la coopération internationale. La recherche scientifique, je sais que les scientifiques travaillent d’arrache-pieds. Une chose intéressante qu’il faut pas négliger: Il a été prouvé que la combinaison de la médecine moderne occidentale et la médecine traditionnelle chinoise donne encore plus d’efficacité. Ici en Afrique en général et au Mali en particulier, vous avez également votre médecine traditionnelle à base de végétal. Personnellement ça m’intéresse beaucoup. Si vous voulez on y revient pour d’autres circonstances. Coopération internationale. Face à ce défi mondial, nous sommes tous sur le même bâteau. Mieux vaut la coopération fraternelle que la polémie politisée ou la politisation du dossier de la santé. Pire encore, ce sont le racisme, la discrimination, et même les exploitations économique et politique en profitant du malheur des autres. Heureusement, déjà une centaine de pays dans le monde ont exprimé, par la voix du chef d’Etat ou de gouvernement ou du ministre, leur soutien, appréciation et solidarité à la Chine. L’OMS a notamment estimé que les efforts considérables de la Chine, qui ont largement dépassé les exigences de l’organisation, ont réussi à stopper la propagation massive du virus, et à offrir au monde entier une fenêtre d’opportunité pour combattre ensemble cette nouvelle épidémie. Avec l’OMS, la Chine a très vite partagé les données scientifiques. Le directeur général de l’OMS a hautement apprécié que la Chine a réussi à trouver le gène du virus en un temps record. Mesdames et Messieurs. Puisque nous sommes sur le continent d’Afrique, où le système de santé publique est relativement vulnérable, il faut souligner que la Chine n’a cessé de faire ses efforts. Même si aujourd’hui la Chine a d’énormes difficultés d’approvisionnement de matériel pour sa propre population, elle a fourni des milliers de kits de détection et d’analyse médicales pour l’Union africaine dans le combat contre le coronavirus. Toutes les ambassades de Chine en Afrique sont mobilisées pour organiser les entreprises, les institutions et les associations des ressortissants chinois dans la prévention de cette épidémie en Afrique. Ici au Mali, en étroite collaboration avec mon ami Michel et son service, ainsi qu’avec le ministère des affaires étrangères et les autorités d’immigration à l’aéroport international de Bamako, nous avons des contacts quotidiens et des actions conjointes dans la prévention du virus. En principe, tous les ressortissants chinois qui arrivent au Mali, même s’ils ne présentent aucun symtôme, se mettent en quarantaine pour 14 jours à domicile. Une suivie de surveillance a été mise en place par les employeurs et par les associations. Tout voyageur, de quelle nationalité que ce soit, qui a fait un voyage en Chine durant les deux dernières semaines, est fiché à l’aéroport de Bamako et suivi par les autorités sanitaires du pays. Nous avons fourni des affiches et des appareils de contrôle de température à l’aéroport. Aussi avons-nous réhabilité de toutes nouvelles installations d’observation et d’isolation dans un hôpital au centre ville pour préparer le pire des situations. Avant le Nouvel An chinois, autrement dit pendant l’explosion du virus en Chine, les commerçants maliens étaient rentrés massivement au Mali en provenance de la Chine, sans aucun cas de virus, fort heureusement. Les étudiants maliens à Wuhan et dans d’autres villes chinoises vivent tranquillement la situation, sans contamination, sans trop de difficultés quotidiennes. Je crois que c’est aussi pareil pour tous les pays de la CEDEAO ici présents. Les autorités d’éducation en Chine veillent de près les étudiants internationaux de manière exceptionnelle. A cette occasion, je tiens à réitérer, au nom du gouvernement chinois, mes sincères remerciements au gouvernement malien, ainsi aux gouvernements de tous les pays de la CEDEAO, pour leur solidarité fraternelle et leur politique de coopération, d’amitié et d’ouverture vis-à-vis de la Chine en ce moment difficile et compliqué. Jusqu’à présent, les échanges humains et commerciaux entre la Chine et les pays de la CEDEAO n’ont pas été trop perturbés, conformément aux exigences de l’OMS. Pas de discrimination vis-à-vis des voyageurs chinois à l’arrivée. Ceci dit, les pays de la CEDEAO, en même temps que d’augmenter la vigilance et d’adopter des mesures appropriées, gardent le sang froid et analysent la situation sur la base scientifique. Pas de psychose paniqué, pas de démagogie dans la population. La Chine en est reconnaissante et apprécie hautement. Finalement je tiens à souligner que la Chine, en tant que pays de grande responsabilité, travaille en étroite collaboration avec nos amis africains, aujourd’hui comme dans le passé, pour les accompagner et les soutenir notamment dans la santé publique. Tout nouveaux virus, d’où il vient, constitue un défi pour l’humanité toute entière et appelle la coopération internationale la plus large. En 2014, au moment de l’épidémie d’Ebola, la Chine a été la première à envoyer des médecins, des matériaux médicaux et des fonds de financement pour aider les pays africains. À l’époque, les diplomates et les entreprenneurs chinois, au lieu de partir, étaient restés sur place avec courage et avec responsabilité pour accompagner leurs amis africains. Selon un viel adage, “c’est à travers les épreuves qu’on connaît de vrais amis”. Dans le nouveau language de la diplomatie chinoise, il s’agit de l’esprit de la communauté de destin entre la Chine et l’Afrique. Pour terminer, je dirais que la Chine est tout à fait confiante de gagner ce combat anti-coronavirus avec la coopération internationale, et que, main dans la main, la Chine et l’Afrique vont combattre ensemble toute épidémie pour protéger notre destin commun. Je vous remercie. / |


