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La manipulation de la presse occidentale
SITUATION AU TIBET

2009-03-16
 

Est-ce que le monde est réellement bien informé sur la situation du Tibet, province de la Chine ? Rien n'est moins sûr ! En effet, le Tibet semble être aujourd'hui un furoncle sur le visage reluisant de la Chine que les puissances impérialistes tentent de ternir par une vaste campagne de manipulation médiatique. Aujourd'hui, ils sont nombreux les Tibétains qui pensent que cette campagne ne leur rend pas service car ayant des objectifs non avoués par les lobbies impérialistes.

En occident, le 10 mars 1959 est considéré comme « le dernier acte d'une cohabitation impossible entre la Chine et sa province, annexée neuf ans plus tôt au terme d'une campagne militaire ». Et surtout que, quelques jours plus tard, le quatorzième Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, s'est volontairement exilé en Inde. Cette date du 10 mars 1959 célébrée, tous les ans, symboliserait l'anniversaire du « soulèvement national tibétain ». Et cette année, cet anniversaire est super médiatisée, surtout par les chaînes d'information en boucle.

Et la presse française fait preuve d'un incroyable zèle dans cette campagne de désinformation. Pour quelle finalité ? « Pour les puissances occidentales, le Tibet est le talon d'Achille de la Chine. C'est le meilleur prétexte pour dénigrer et déstabiliser cette puissance émergente qui fait trembler les pays riches », nous disait récemment un géopolitologue. 

Pour lui, parler « d'annexion » dans les relations entre la Chine et le Tibet n'est qu'une manœuvre de déstabilisation de plus. La Chine est entrée au Tibet en 1949 afin de libérer un peuple vivant sous la domination d'une oligarchie et d'une théocratie féodales. Avant la prise de pouvoir des communistes, le servage était légal et pratiqué au Tibet où la liberté religieuse est de nouveau assurée. Curieusement, les fervents « défenseurs » du Tibet disent se battre pour la liberté et l'égalité. Ils doivent revoir leurs leçons d'histoire sur cette province.

Les Tibétains, comme les autres ethnies minoritaires, bénéficient d'une discrimination positive. Par exemple, les étudiants appartenant à l'ethnie tibétaine ont des bonus pour rentrer à l'université. Tout comme les travailleurs appartenant à l'ethnie tibétaine sont prioritairement recrutés par les établissements publics par rapport à un Han. Mieux, le Tibet est la seule région de la Chine qui bénéficie des soins gratuits et d'une éducation (bilingue) primaire gratuite avec le logement et la nourriture gratuits. Ça, vous ne lirez dans aucun organe de presse occidental.

Tout comme aucune chaîne de télévision de l'occident ne fera aucun reportage pour montrer que le développement économique du Tibet, mené sous leur égide, a permis de désenclaver le pays, notamment grâce à la construction de voies ferrées favorisant le développement du tourisme dans cette région autonome. « Depuis sa libération par la Chine, la région a enregistré un recul de la mortalité infantile et de l'analphabétisme ainsi qu'une hausse de l'espérance de vie », écrivait exceptionnellement un correspondant du quotidien économique français, Les Echos, en mars 2008. 

Et des experts indépendants ont récemment admis que le PIB du Tibet a doublé entre 2002 et 2007 et que sa croissance annuelle dépasserait régulièrement les 12 %. Des sources indépendantes indiquent que, depuis cinq décennies, des changements considérables ont été enregistrés au Tibet dans les domaines politique, économique et culturel.

 

Des intérêts politiques inavoués

Le Tibet est une région stratégique pour la sécurité de la Chine. C'est pourquoi les lobbies impérialistes s'acharnent tant pour son « indépendance » la où les Tibétains ne revendiquent qu'une « autonomie » qui leur est paradoxalement acquise. Pour le géopolitologue Aymeric Chauprade, « celui qui tient le Tibet peut déferler sur la Chine, l'Inde, le Xinjiang et la Mongolie intérieure ». Cela en dit long sur l'appétit que la province suscite aux Etats-Unis.

La position du pouvoir central de Beijing est compréhensible sur la question tibétaine d'autant qu'il s'agit de sauvegarder l'unité d'un territoire vaste. Satisfaire les revendications tibétaines d'autonomie véritable, c'est prendre le risque inacceptable de contagion à d'autres provinces et d'éclatement de l'empire. Selon de nombreux spécialistes de la région, les Ouïgours du Xinjiang ou les Mongols de Gobi regardent avec intérêt l'évolution de la situation à Lhassa.

Et tout porte à croire que la pression politique et lynchage médiatique de l'occident vise que disloquer l'empire du milieu comme l'ex-Union Soviétique afin de l'affaiblir politiquement et surtout économiquement. Les dernières violentes manifestations vont dans ce sens car il a été prouvé qu'elles ont été orchestrées de l'extérieur.

Dès le 18 mars 2008, le Dalaï Lama déclarait à la de presse que les événements au Tibet échappent à son contrôle et qu'il est prêt à démissionner si les violences se poursuivaient. Et quelques jours plus tard (le 21 mars), par une étrange coïncidence du calendrier, Nancy Pelosi (présidente du Congrès américain) arrive à Dharamsala pour une visite officielle au 14e Dalaï Lama. Elle parle des évènements au Tibet comme d'un « défi pour la conscience mondiale » et exige de la Chine de pouvoir envoyer au Tibet une commission internationale indépendante afin de vérifier l'accusation chinoise comme quoi « l'entourage du Dalaï Lama se trouve derrière les violences » et afin de contrôler « de quelle manière sont traités les prisonniers tibétains en Chine ».  Et pourtant, au même moment, des présumés innocents pourrissaient à Guantanamo à l'abri des regards indiscrets.

Ce qui démontre que, si besoin en était, que les événements tragiques de mars 2008 n'étaient en fait que la mise en œuvre d'une des stratégies utilisées par les Etats-Unis pour fragiliser l'Empire du milieu. Il s'agissait de forcer la Chine à accepter des équipes d'inspection qui portent le cachet des « Droits de l'Homme », ou pouvoir dire que la Chine les a refusées. Pour exécuter un tel plan, nul mieux placé que le Dalaï Lama : dans son allocution du 10 mars, ce dernier exhortait déjà la Chine à « une plus grande transparence », rappelle Elisabeth Martens, auteur de plusieurs publications sur le Tibet et le Bouddhisme.

 

Après l'URSS, le Glasnost menace la Chine

Ces termes font curieusement écho au « Glasnost » qui a conduit à l'éclatement de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). La supposée « révolte » des Tibétains était en réalité préméditée et bien organisée. Et la date anniversaire de commémoration de la révolte de 1959 à Lhassa était le moment idéal pour donner le feu vert aux émeutiers. Ce jour-là, une marche, partant de l'Inde et se dirigeant vers le Tibet, a effectivement démarré. Elle devrait durer six mois, c'est-à-dire jusqu'au début des Jeux Olympiques « Pékin 2008 ».

Cette marche a été organisée par le « Mouvement pour le soulèvement du peuple tibétain » financé par les lobbies européens et américains. Le 10 mars était clairement le signal de départ des émeutes encouragées à distance par de multiples manifestations devant des ambassades chinoises dans le monde. Le même jour, trois cents lamas du monastère de Drepung ont manifesté au centre de Lhassa, de manière non-violente bien que « provocatrice » et la police les a dispersés, sans heurts.

Ce ne fut plus le cas quelques jours plus tard, le 14 mars quand plusieurs groupes de Tibétains, tous armés de la même manière et opérant de la même manière, se sont dispersés dans la capitale du Tibet, ouvrant les hostilités et semant la panique. La suite est le drame que l'on sait, avec les répressions chinoises que l'on devine.

Faut-il en vouloir à l'Empire du milieu pour cette répression d'autant que, comme le rappelle Elisabeth Martens, le Droit international stipule que « chaque pays a le droit d'utiliser la force contre des mouvements d'indépendance qui vise à la division du dit pays » ? Imaginez les réactions en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajaccio ! Et si les activistes basques agissaient de même en catalogne.

Le Dalaï Lama pris en otage

« Je pense qu'en partie, ces émeutes reflètent l'énorme peur que nous avons de la puissance économique que représente la Chine actuellement. Il est vrai que si par certains côtés, elle fait encore partie du Tiers Monde, par d'autres côtés, elle risque de nous rattraper très rapidement et même de nous dépasser », souligne Elisabeth Martens.

Pour elle, peu de gens en Europe se rendent compte que la Chine compte un potentiel intellectuel gigantesque et que cette masse d'intellectuels chinois commence à en avoir par-dessus la tête de se voir constamment refoulée et dénigrée par l'Occident. Ils ne vont plus se taire pendant longtemps. Comme on le voit, ces émeutes comme l'impressionnant lynchage médiatique de ce 10 mars 2009,  servent à noircir l'image de la Chine. L'objectif visé est de provoquer des émeutes à caractère racial dans les régions tibétaines et obliger le gouvernement chinois à sortir la grosse artillerie.

Des images tronquées dont se saisiront alors les médias occidentaux pour dénoncer une « répression sauvage » exercée par le gouvernement chinois lors « d'incidents ethniques ». Pris en otage par les lobbies impérialistes, le Dalaï Lama apparaît de plus en plus comme la marionnette d'une cause qui est loin d'être la volonté des Tibétains !
 
 
                                                                        (Rédigé par Alphly, publié sur <<LesEchos>> du 12 mars 2009)
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